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Pénurie de médecins : pour décrocher un rendez-vous, les malades réservent du Botox

Le gouvernement veut limiter le temps que les médecins passent sur l'esthétique. Les patients ont trouvé la faille avant même la sortie du décret.

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Dessin satirique : Pénurie de médecins : pour décrocher un rendez-vous, les malades réservent du Botox
Illustration Mediatart.

Pour voir un dermatologue, il faut attendre sept mois. Pour une injection anti-rides, c'est jeudi.

Un projet de décret veut corriger ça. Les médecins ne pourront plus passer qu'un petit tiers de leur temps sur l'esthétique. Le reste ira aux malades.

Les malades, eux, ont trouvé plus rapide.

Sur l'agenda en ligne, ils réservent un créneau « Botox front et pattes d'oie ». Une fois dans le fauteuil, ils retroussent leur manche. Avec le décret, le médecin ne peut plus refuser une vraie maladie. Alors il soigne.

Les plateformes de rendez-vous ont vite réagi. Un document consulté par Mediatart décrit un nouveau filtre : la « détection d'intention esthétique non sincère ». L'appli demande une photo du visage avant de valider. Pas assez de rides, et le créneau saute. Un message s'affiche : « Revenez quand vous aurez vécu. »

Dans les cabinets, on les appelle maintenant les « faux coquets ». Certains froncent les sourcils devant leur téléphone pendant dix minutes pour passer le contrôle.

À Vichy, Roger, 77 ans, a une plaque qui le gratte au coude depuis le printemps. Il a réservé un « comblement des sillons » à 280 euros. Il a payé l'acompte avec l'argent du chauffage de novembre.

Dans le cabinet, la dermatologue a regardé son coude, puis son visage. Elle lui a prescrit une crème à six euros et lui a rendu son acompte.

En le raccompagnant, elle l'a prévenu : pour le prochain rendez-vous, il lui faudrait un peu plus de rides.

Dans le bus qui longe le parc des Sources, Roger a souri pendant tout le trajet. Pour la prochaine fois.

Yanis Ferrandou

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