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Changement d'heure : un rapport propose de reculer les horloges par tranches de quinze minutes, avec une heure officielle différente selon les revenus

Pour « lisser l'effort » demandé aux organismes, une mission d'évaluation recommande d'étaler le passage à l'heure d'hiver sur un mois. Le document, que Mediatart a consulté, prévoit une application obligatoire pour connaître « l'heure en vigueur » vous concernant.

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Une horloge publique pendant la période de transition
Une horloge publique pendant la période de transition. Illustration Mediatart.

Le rapport compte 64 pages et a été remis à la fin de l'été par une mission d'évaluation au nom paisible, la Mission de lissage temporel. Il part d'un constat partagé : le passage brutal à l'heure d'hiver, fin octobre, fatigue les organismes. Il en tire une conclusion moins partagée : étaler l'effort.

Plutôt que de reculer les horloges d'une heure en une nuit, le rapport propose de les reculer de quinze minutes chaque week-end, sur quatre week-ends. Pendant un mois, le pays vivrait donc à des heures intermédiaires, « dans un esprit de transition douce ».

L'heure modulée

Le rapport reconnaît que le dispositif « peut créer une incertitude ». Il propose d'y répondre par une application obligatoire, « Heure en vigueur », qui indiquerait à chacun l'heure qui le concerne. Elle s'appuierait sur la géolocalisation, l'employeur et « le profil de l'usager ».

Car l'heure ne serait pas la même pour tous. Les abonnés premium de l'application basculeraient en une seule fois, « afin de préserver leurs rendez-vous internationaux ». Les autres changeraient d'heure par tranches, « au gré des besoins du réseau », la priorité étant donnée aux secteurs « essentiels », que le rapport ne précise pas.

Des horloges à titre indicatif

Les horloges publiques, gares, mairies et clochers, afficheraient pendant la transition « l'heure moyenne nationale », calculée chaque nuit et diffusée « à titre indicatif ». Un usager qui manquerait un train pourrait contester, à condition de prouver l'heure qu'il était pour lui, « par tout moyen numérique ».

La mission assure que le dispositif « ne crée aucune inégalité, puisque tout le monde finit à la même heure ». Elle reconnaît simplement que certains y arrivent « plus tard ».

L'application « Heure en vigueur » repose sur une IA qui attribue à chaque usager son heure personnelle en fonction de son « utilité horaire », calculée à partir de son emploi du temps et de sa productivité. Les personnes sans emploi recevraient l'heure « par défaut », mise à jour une fois par jour, « dans la mesure des capacités du réseau ».

La récréation de Rouen

Dans une école élémentaire de Rouen, le gardien, M. Lemaire, a décidé de ne rien changer du tout. Il n'a pas installé l'application. Il sonne la récréation quand les enfants ont l'air fatigués, et la fin de la journée quand la lumière baisse dans la cour.

L'inspection a mesuré les retards dans l'académie pendant la période test. Son école est la plus ponctuelle. Interrogés, les enfants ont expliqué que M. Lemaire connaissait l'heure parce qu'il les regardait, ce qui, d'après eux, est mieux qu'une application.

Mathilde Cerquand

Dossier : Vie chère

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