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Prix Goncourt 2026 : le roman lauréat sera vendu sans un chapitre sur quatre, budget oblige

Le prix Goncourt 2026 est proclamé ce mardi, le jour où le monde du livre proteste contre la baisse d'un quart des aides de l'État. Une note interne obtenue par Mediatart en tire la conclusion logique : les romans aussi perdront un quart de leurs pages.

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Dessin : sur les quais de Seine, face à Notre-Dame, une bouquiniste en écharpe rouge et un garçon serrant un gros roman, pendant qu'un contrôleur scanne un livre à côté de romans neufs entamés comme des gâteaux.
Illustration Mediatart.

Ce mardi, vers 13 heures, le prix Goncourt 2026 est annoncé dans l'escalier d'un restaurant parisien, devant une foule de journalistes. Le même jour, le monde du livre proteste sous le mot-clé #SauvonsLaLecture. L'État a baissé d'un quart ses aides aux librairies, aux bibliothèques et aux éditeurs.

Une note du ministère de la Lecture raisonnée, obtenue par Mediatart, en tire les conséquences. Si l'argent baisse d'un quart, les livres aussi. Dès janvier, chaque roman sera vendu sans un chapitre sur quatre. Le lauréat du jour montrera l'exemple.

Le choix des chapitres retirés revient à un logiciel d'aide à la lecture. Il garde le début, qui fait vendre, et la quatrième de couverture, qui suffit à la plupart des gens. Il retire les passages « à faible engagement » : les descriptions, les hésitations et la plupart des sentiments.

Les chapitres manquants restent disponibles dans une application. Il faut créer un compte et accepter qu'elle suive votre regard. Le lecteur qui saute une ligne doit la relire. Celui qui pleure est invité à noter le chapitre.

Les bibliothèques ont reçu une consigne à part. Elles prêteront les livres en deux moitiés. On rend le début avant d'emprunter la fin. La fin est toujours sortie.

Sur les quais de Seine, face à Notre-Dame, Josiane, 68 ans, tient une boîte verte de bouquiniste. Elle vend des livres d'occasion imprimés avant la réforme, donc complets. Un contrôleur est passé lundi. Il a compté les chapitres de ses romans et lui a demandé d'où venait tout ce surplus.

Ce matin, un garçon d'une dizaine d'années a feuilleté un vieux roman d'aventures dans sa boîte. Il n'avait pas de quoi payer. Josiane lui a dit de le prendre, à condition de venir lui raconter la fin samedi.

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Bérénice Lhostal

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