Économie française à l'arrêt : le PIB recule au troisième trimestre, le gouvernement demande aux Français de pousser
L'Insee l'a confirmé ce vendredi : le PIB a reculé cet été, et l'économie française est officiellement à l'arrêt. Un plan national de poussée, consulté par Mediatart, prévoit de la remettre en route à la main. Chacun pousse à son créneau.

La nouvelle est tombée ce vendredi matin. Le PIB a légèrement reculé au troisième trimestre, après un hiver en baisse et un printemps immobile. À Bercy, on parle d'une économie « à l'arrêt ». On ne parle pas encore de récession. Il faut pour cela deux reculs d'affilée. On attend le prochain trimestre.
Le gouvernement a donc ressorti une méthode qui a fait ses preuves sur les vieilles voitures. Un plan national de poussée, consulté par Mediatart, demande à chaque Français de donner un coup d'épaule à l'économie. Elle est garée quelque part entre Paris et la province. Personne ne sait exactement où.
La poussée est organisée par une Délégation à la Remise en Mouvement. Chaque foyer reçoit un créneau par notification, en général entre 5 h et 6 h, pour ne pas gêner le travail. Un capteur dans le téléphone mesure l'effort. Les foyers qui poussent mollement voient leur indice de confiance civique baisser d'un cran.
Les plus aisés peuvent se faire remplacer. Une formule premium leur envoie un pousseur agréé, qui pousse à leur place et leur adresse une photo. Les entreprises, elles, sont dispensées. Elles sont au volant.
Le plan règle aussi la question de la direction. L'économie sera poussée « vers l'avant ». Un comité doit dire en janvier où se trouve l'avant.
À Rouen, Nadia, 52 ans, aide à domicile, a reçu son créneau pour mardi, 5 h 20, quai de Paris. Elle a d'abord cherché l'économie le long de la Seine. Elle a trouvé sa propre voiture, qui ne démarrait plus depuis la hausse du gazole.
Le capteur n'a rien enregistré. Ce n'était pas la bonne voiture.
Deux voisins sont descendus en chaussons. Ils ont poussé avec elle jusqu'au bout de la rue. La voiture a toussé, puis elle est repartie. Nadia est arrivée à l'heure chez Mme Leroux, qui l'attendait pour son café.
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Bérénice Lhostal