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Aide carburant : pour toucher les 100 euros, il faut d'abord prouver qu'on a trouvé de l'essence

Depuis ce matin, ceux qui font beaucoup de route pour aller travailler peuvent demander leur aide en ligne. Le formulaire ne réclame qu'une preuve : un ticket de plein récent. Reste à trouver la station.

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Une aide à domicile photographie son ticket de plein sur le toit de sa voiture, quai de l'Yonne à Auxerre
Illustration Mediatart.

Depuis mardi matin, l'aide de 100 euros pour les grands rouleurs se demande sur le site des impôts. Elle est réservée à ceux qui travaillent à plus de quinze kilomètres de chez eux et qui y vont avec leur propre voiture.

Pour éviter la fraude, le formulaire demande une pièce justificative. Une note interne consultée par Mediatart dit laquelle : un ticket de carburant récent, daté et lisible.

Lundi déjà, des stations à sec s'affichaient partout dans le pays. Les automobilistes ont vite compris. Pour prouver qu'on roule beaucoup, il faut d'abord rouler beaucoup, jusqu'à la dernière pompe qui marche.

Les services fiscaux, eux, y voient plutôt un progrès. Plus la station est loin, plus le dossier est solide. Un ticket pris à soixante kilomètres de chez soi vaut le classement « grand rouleur confirmé ».

Au ministère, on parle d'« aide à la mobilité méritée ». Ceux qui n'ont trouvé aucune station ne sont pas exclus. Leur dossier passe simplement en « vérification de déplacement ». Un agent viendra mesurer la distance sur place, en voiture de service, dès qu'il y aura de l'essence.

À Auxerre, Nadia, 46 ans, est aide à domicile. Elle fait quarante kilomètres par jour dans une petite voiture blanche qui tousse dans les côtes. Dimanche, elle a attendu une heure sur le quai de l'Yonne pour vingt litres et un ticket.

Le logiciel l'a refusé en quatre secondes. Ticket froissé, dossier à compléter, merci de joindre un nouveau plein.

Mardi, elle a fait ses clients du centre-ville à vélo. Elle a gardé les vingt litres pour M. Guérin, 91 ans, au bout d'un chemin de terre, qui l'attend chaque matin à la fenêtre avec deux tasses déjà sorties.

Bérénice Lhostal

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