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Italie : face au surtourisme, un village perché instaure un quota de douze selfies, contrôlé par reconnaissance faciale

Depuis le 1er octobre, les touristes de Montebrina, village fictif de 2 800 habitants, doivent acheter un forfait photo à l'entrée. Seize caméras à reconnaissance faciale comptent les clichés sur la place principale. Les forfaits « illimité », réservés aux yachts, ne sont pas plafonnés.

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Un forfait photo, après une matinée sur la place principale
Un forfait photo, après une matinée sur la place principale. Illustration Mediatart.

Montebrina compte 2 800 habitants, une fontaine du XVIe siècle et, certains jours d'été, 40 000 visiteurs venus photographier la fontaine. Depuis le 1er octobre, le village perché a décidé de compter. Chaque touriste achète à l'entrée un forfait de douze selfies par jour, vendu 6 euros, et reçoit un bracelet.

Le contrôle n'est plus confié à des agents municipaux armés de compteurs, comme lors de la phase test de l'été. Seize caméras à reconnaissance faciale surplombent désormais la place. Chaque visage est associé à un compteur, affiché en temps réel sur un grand panneau lumineux près de la fontaine.

Seize caméras sur la fontaine

Au treizième selfie, une voix enregistrée prononce le nom du contrevenant, tiré de sa réservation d'hôtel, puis la formule « Merci de laisser la beauté aux autres ». Le contrevenant reçoit une amende sur son téléphone, payable immédiatement, « sans contact, comme la beauté ».

Le maire défend un outil « au service du patrimoine ». Il reconnaît que le village n'a jamais été aussi photographié, mais désormais par les caméras, ce qui, selon lui, « garantit la qualité des images ».

Le couloir discret

Un détail du règlement a échappé à beaucoup. Les passagers des yachts mouillés dans la baie disposent d'un forfait « illimité », vendu par les agences nautiques, et d'un « couloir discret » qui traverse la place hors du champ des caméras. Un panneau en laiton l'indique, en anglais seulement.

La municipalité explique que « ces visiteurs viennent pour se reposer, pas pour être vus ». Les autres viennent, conclut-elle, « pour voir, ce qui est plus fatigant pour le village ».

Les caméras sont pilotées par une IA municipale qui, en plus de compter, note la qualité des selfies. Un selfie « esthétiquement satisfaisant » ne compte que pour un demi. Un selfie flou ou mal cadré compte double, « pour décourager la photographie de mauvaise qualité, qui nuit à l'image du village ».

La photo annuelle

Les habitants sont exemptés. Pourtant, ils ne se photographient plus sur la place, par crainte d'apparaître sur le panneau. Seule Nonna Assunta, 93 ans, maintient sa tradition.

Une fois par an, le jour de son anniversaire, elle demande à son arrière-petit-fils de la prendre en photo devant la fontaine, avec un vieil appareil à pellicule que les caméras ne reconnaissent pas. Le panneau affiche alors un compteur à zéro.

Bérénice Lhostal

Dossier : Algorithmes et surveillance

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