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Budget 2027 : la piste confidentielle d'un mois de février à 27 jours, sauf pour les plus hauts revenus

Selon une note de travail consultée par Mediatart, un cabinet ministériel a chiffré à 412 millions d'euros l'économie attendue de la suppression du 28 février. Le document prévoit une option « jour premium » pour ceux qui souhaitent le conserver.

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Un calendrier mural de l'année 2027, dans sa version de travail
Un calendrier mural de l'année 2027, dans sa version de travail. Illustration Mediatart.

La note de travail porte un titre d'une grande sobriété : « Optimisation du calendrier, piste n° 14 ». Elle a été rédigée par un cabinet ministériel chargé de trouver des économies pour le budget 2027 et transmise, selon nos informations, à trois administrations, avec la mention « ne pas imprimer, ne pas oublier ».

Le raisonnement est d'une simplicité comptable. Un jour de moins, c'est un jour de traitements, de prestations et de chauffage public en moins. Le cabinet a chiffré l'économie à 412 millions d'euros. Le 28 février a été retenu car il est « le jour le moins regretté de l'année, selon une enquête interne ».

Le 28 février, option payante

La note ne supprime pas le jour pour tout le monde. Elle crée une « contribution calendaire » de 1 900 euros, qui permettrait aux contribuables qui le souhaitent de conserver leur 28 février. Ceux-là vivraient la journée normalement. Les autres passeraient directement du 27 février au 1er mars, à minuit.

Les loyers, eux, resteraient dus en entier. Un tableau joint compare le « coût d'une journée de vie » selon le décile de revenu. Pour le premier décile, la journée coûte plus cher que ce qu'elle rapporte. La note recommande de « ne pas communiquer ce tableau ».

L'anniversaire glissant

Le document consacre une page entière aux personnes nées un 28 février. Elles bénéficieraient d'un « anniversaire glissant », célébré le 27 ou le 1er mars au choix, sur demande déposée en préfecture avant le 15 janvier. Les demandes tardives seraient « examinées avec bienveillance l'année suivante ».

Le cabinet dément toute volonté de « privatiser le temps ». Il parle d'une « modulation du calendrier en fonction de la capacité contributive », et rappelle que le temps, en France, « a toujours été un bien commun, mais pas gratuit ».

La piste n° 14 n'est pas sortie d'un cerveau humain. Elle a été générée par un assistant d'IA à qui le cabinet avait demandé « 30 idées d'économies sans toucher aux grands équilibres ». La suppression du 28 février est arrivée en tête, devant la fusion du lundi et du mardi et la suppression des « jours fériés à faible rendement ».

La fleuriste

Clémence, fleuriste à Nantes, est née un 28 février. Elle a fait ses comptes : elle ne pourra pas s'offrir son anniversaire en 2027.

Ses clients habitués l'ont appris. Ils se sont cotisés, à 12 euros chacun, avec une enveloppe posée sur le comptoir à côté des roses. Ils ont acheté le jour, l'ont fêté dans la boutique avec un gâteau trop sucré, puis ils l'ont rendu le lendemain matin, par prudence, en espérant qu'il serait remboursé.

Mathilde Cerquand

Dossier : Budget 2027

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